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To bully – Du harcèlement à la réparation – 5 avril 2026

Plusieurs nuits que je rêve être à nouveau au lycée. Je suis terriblement seule, personne ne me parle et en veut me parler, il y a une réelle volonté des autres à m’isoler. Pire, je suis harcelée.

J’ai vécu cela, pas forcément au lycée où j’avais quelques amis… Mais auparavant, au collège, avec une situation de harcèlement.

Quand j’y repense, je me demande comment j’ai pu survivre à cela, car je n’en parlais à personne autour de moi et surtout pas à ma famille, aux amis de mes parents, ou aux personnes de l’église.

Je me demande souvent comment j’ai pu survivre à cela, supporter cela au quotidien, aller en cours, continuer mes activités, mes devoirs, faire bonne figure en famille.

Comment j’ai pu aussi, le lendemain d’une situation traumatique où mon intégrité physique et psychique a été gravement touchée, continuer à aller en cours, comme si de rien était, faire comme si…

Quelle a été cette force ?

Toute cette période, j’ai écrit, je n’ai pas arrêté, pour moi, sans le partager, sur des cahiers de brouillon, des vieux agendas scolaires…

Ce qui est dingue, c’est que même si j’allais à l’église, je n’ai pas le souvenir d’avoir crié à Dieu cette détresse, de lui avoir demandé précisément de l’aide.

Ai-je compté sur mes propres forces ?

J’avais aussi cette capacité de rêverie, de m’extraire, d’être ailleurs… Je l’ai développée très tôt, je l’avais déjà dans la petite enfance. Comme si je regardais mon corps de l’extérieur pour ne pas sentir la douleur, qu’elle soit physique ou morale.

Je n’ai pas eu une vie exemplaire non plus, je cherchais l’approbation, l’affection, dans le regard des garçons… Et ça ne venait pas, c’étaient les montagnes russes, espoir, câlins furtifs, rupture, etc. C’est surtout là-dessus que j’ai écrit, forgé mes mots, décliné les phrases. Cette recherche d’attention continuelle alors que mes pairs me rejetaient.

Quand je revois cela en rêve, c’est un cauchemar, la sensation est épouvantable, comme si ce que j’avais cherché à ne pas vivre, ne pas sentir, se représentait à moi, avec les émotions qui vont avec.

Maintenant, j’ai une vie sociale extrêmement riche. Des amis sur qui je peux compter, un mari qui m’aime, des enfants gentils, une vie intérieure comblée… Mais quand ces rêves nocturnes reviennent, il y a cette blessure de rejet, encore béante qui vient crier à l’aide.

Peut-être qu’il est temps qu’elle cicatrise !

Je sais désormais que je ne suis plus seule. C’est le jour de Pâques il fallait que j’écrive cela, pour dire combien mon Créateur est bon de m’avoir protégée !